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| Auteur | Message |
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boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: himalayan pilgrimage Jeu 26 Oct - 6:30 | |
| j'ai retrouvé des carnets de route bien sympa! treck autour de l'Annapurna, Birmanie, Brésil! (ceux d'Amérique du sud je les ai é"crit en espagnol ;) va falloir que je traduise! je vous envois ça par petites doses comme d'hab! avec les croquis!!! :D  _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Mer 29 Nov - 7:51 | |
| tour des Annapurna, départ de Pokhara, Népal Le pic du macchapuchare, "la queue de poisson" culmine à 6997m  14/05 Pokhara. Naudanda Ce matin l’air est pur, il a plu hier soir et la vallée est toute lavée. Le jour se lève, les montagnes resplendissent. Je passe le long du lac jusqu’à Pame ; là commence une montée directe. C’est dur ! Je transpire comme une bête, je n’ai pas beaucoup d’énergie et le sac est lourd. Plusieurs arrêts pour se reposer et enfin j’arrive à Kaski. C’est un gros village au sommet de la crête ; un gamin m’indique un temple où je me repose, médite, fait quelques asanas, pranayamas…Le temple est très simple, il est en face des grandes montagnes, toute la chaîne de l’Annapurna se déploie devant moi. Plus tard je reprends le chemin qui est plat ! Il y a beaucoup d’habitations. On aperçoit le lac au fond et toutes ces terrasses qui dégringolent jusque dans la vallée. Les maisons sont bien faites, avec de belles terrasses mais pas de balcon, la véranda est en bas. Les gens sont plutôt indifférents et les gamins assez chiants. Mais il ne faut pas s’attendre à mieux sur ce treck si fréquenté. C’est assez sec en cette saison, les fontaines ne donnent de l’eau que le matin. Des bassins d’eau de pluie servent pour baigner les buffalos et faire la vaisselle : bonjour l’hygiène ! J’arrive à 16 heures à Naudanda, gros village sur un épaulement ; le treck depuis Suiket rejoint celui de Sarangkot : beaucoup d’hôtels et de restau. C’est bruyant et les gens dégagent assez business, assez sexe…Ca va quand même, je sais qu’en tant que petite nana seule je risque de me faire pas mal brancher, mais bon, j’ai l’habitude ! Après un bon dhal bhat, je m’installe pour dessiner un peu, mais je sens une crise de malaria monter. Je suis glacée jusqu’aux os, je me traîne jusqu’à mon lit ; je tremble nerveusement et n’arrive pas à contrôler les muscles. Je prends une pilule de quinine et quelque temps après je me mets à transpirer, puis la fièvre tombe. La nuit est correcte, ce village est très bruyant.    _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Jeu 30 Nov - 7:21 | |
| 15/5 Au point du jour je me réveille. Assez fraîche, après un rapide chaï je pars. Le chemin monte, il y a beaucoup de gens et de villages népalais. Vers le col le village est déjà beaucoup plus sympa. Les montagnes brillent dans l’air du matin. Un dernier coup d’œil à la vallée de Pokhara et je plonge de l’autre coté. Il y a de l’eau, c’est frais. La forêt s’étend de tout coté. Quel contraste avec la poussière de l’autre coté ! Le chemin à flanc de coteau domine une vallée sauvage. Chandrakot, le village suivant est aussi très joli. Par magie on voit la pointe du Maccha Pucchare. Beaucoup de trekkeurs là, ils en sont au petit dèj ! Moi j’ai déjà une étape derrière moi ! De là, le chemin descend direct à travers la forêt jusqu’à Berethanti situé à la confluence de deux rivières. C’est un joli village, les maisons sont hautes et solides, pleines de fleurs et de citrouilles qui mûrissent. C’est un endroit assez raffiné. Il y a quelques hôtels vraiment mignons avec des cours intérieures et des balcons, les rivières fournissent un bruit de fond très reposant. Je m’arrête une heure, mange un peu et boit un coup ; il est tôt, je suis arrivée à 9h1/2 ! Je repars le long de la rivière, on croise des caravanes de mules toutes empanachées et décorées. Les didi (noms familiers aux femmes au Népal) tissent des tapis tibétains dans les maisons. La rivière descend en chantant et moi je monte en peinant ! Ou mon sac est lourd ou je n’ai pas la pêche, ou il fait bien chaud !  Tant pis, je ne veux pas de records ! Je m’arrête vers midi au bord de la rivière sous un arbre sympathique où je pratique un peu la méditation, et la sieste ! Je repars un peu plus tard et m’arrête bien crevée à Tukedhunga. C’est un village encaissé, la forêt est proche, il y a une rivière avec une cascade et un pont suspendu par-dessus. Les petits mecs sont assez sympas, je fais un massage à une touriste. 16/5 Je pars à 5heures, les premiers moments sont durs ! Bien qu’il fasse un petit vent frais je transpire à grosses gouttes ; toute la graisse qui fond ? C’est un escalier bien raide et sans pitié dont on ne voit pas la fin ! Quelques maisons de pierres sèches, des champs de maïs, on est encore en basse altitude. J’arrive à Ulleri juste à 6 heures, toute étonnée ! Je n’ai mis qu’une heure, je ne m’y attendais pas ! Une paire de chaï et je continue ragaillardie, d’autant plus que les petits mecs au chaï shop sont assez impressionnés qu’une angreji (nom donné aux étrangers) monte si vite ! Bientôt la forêt avec ses arbres moussus et ses ruisseaux chantant m’enveloppe : endroits magiques où le soleil perce à peine, gros rochers pleins d’esprits, rhododendrons gigantesques.. Le chemin est plus sympa, il monte doucement.  rhodo arboresents:  Une petite halte pour chanter quelques bajhan (chants dévotionnels hindous) et plus haut pour boire un thé au citron qui me donne un peu de force : je commence à avoir bien faim ; j’arrive à Ghorepani, juste à la sortie de la forêt. Ce n’est pas vraiment un village, juste un endroit d’arrêt pour les caravanes.  Les gens sont assez cons. A part une vieille qui me vend du lassi (yaourt liquide). La didi qui me fait un pain tibétain me donne vraiment une ration de pygmée, après je cherche à manger un peu plus, c’est l’arnaque générale, je continue un peu plus haut où il y a un village plus sympa. On voit les montagnes, il y a une fête ici, c’est pour cela que tout le monde s’en fout et qu’il n’y a pas de bouffe etc. Les filles ont revêtus leurs plus beaux sarongs indonésiens et montrent leurs châles brodés. Les mecs, eux jouent la carte « western », ils ont leurs plus belles baskets, signe de statut social dans la montagne et portent des T-shirts imprimés en anglais. Les plus riches ont même des walkman, vraiment on n’arrête pas le progrès (on est en 1986 !) Je rencontre une australienne qui bosse ici dans une pépinière, une initiative communautaire pour avoir de meilleures récoltes, expérimenter d’autres cultures, sauvegarder la forêt qui est bien ravagée. Ils ont aussi fait des toilettes et installé un système d’approvisionnement d’eau pure. Un fin tuyau qui arrive d’un torrent beaucoup plus haut et donc loin des chiottes ! Ca n’empêche pas l’endroit de dégager assez laisser aller ! Je descends vers une heure, je n’ai pas envie de rester, les jeunes jouent au cartes et boivent, ce n’est pas une très bonne ambiance. En deux heures je suis à Shikka, 1000m plus bas _________________ sincere but not SERIOUS
Dernière édition par le Dim 3 Déc - 10:42, édité 1 fois |
|  | | Secret side Admin


 Nombre de messages: 1048 Age: 30 Points: 22 Date d'inscription: 14/11/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Jeu 30 Nov - 20:23 | |
| merci de nous faire partager tout ça !!!  |
|  | | Crocell Modérateur


 Nombre de messages: 169 Age: 27 Points: 0 Date d'inscription: 03/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Ven 1 Déc - 12:13 | |
| Ouai, c'est clair, tes carnets de voyage sont toujours intéréssants! :) |
|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Ven 1 Déc - 13:26 | |
| Passé la forêt, la montagne est intensivement cultivée, on découvre le massif du Daulagiri qui n’est pas aussi magique que l’Annapurna, mais c’est sans doute à cause de mon attachement à ces montagnes et la pyramide du Maccha Pucchare.  Shikka est un joli village bien bâti. Que la montagne est peuplée au Népal ! Je n’ai pas le feeling de m’arrêter, méditer ou chanter au bord du chemin qui est une autoroute. Les caravanes n’arrêtent pas de défiler, les porteurs aussi, il y a des trekkeurs mais moins que je pensais.  17/5 je prends mon temps ce matin de faire une « bonne » pratique. Je pars tard, vers 8 heures. Le soleil est déjà là ! La vue est superbe, on voit les grandes montagnes du sommet à la base, des glaciers aux champs de maïs. Le village suivant Ghara est un village de Chetri. C’est une caste hindoue d’ethnie népalaise, haute caste correspondant aux ksatriya. Ils ne sont pas végétariens contrairement aux bramines, sont souvent de profession ou de standing social plus élevé. C’est un village bien bâti avec de belles maisons et des temples, ils n’ont pas fait trop de lodges (hôtel) histoire de caste…Les gens ont l’air fier et hautain. J’apprends par la suite qu’ils sont assez aigris de l’opulence nouvellement acquise des villages voisins qui sont de caste inférieure magyar ou Thakali et bouddhiste. Ici comme partout la « civilisation » occidentale bouleverse les statuts figés. Dans ce cas là, je trouve ça plutôt cool ! Le chemin suit une ligne de côte et soudain après un éperon rocheux plonge vers le canon de la Kali Gandaki. Quelle arrivée dramatique !  La montagne dégringole littéralement vers la rivière, ce sont des milliers de mètres de dénivelé. J’arrive près de la rivière vers midi. Il fait chaud, le soleil tape un max ! Je me baigne et commence à faire une pooja (rituel hindouiste). J’ai construit un petit lingam en sable (symbole phallique du dieu Shiva). Je ne me sens pas très en sécurité et je fais gaffe à mes affaires. Comme je récite mes mantras, tout d’un coup, j’entends des mecs super près. Ils sont allongés sur un rocher à deux mètres de moi avec un air vraiment niais. Je réagis super vite en les chassant à coup de pierres. Puis je ne me sens pas très bien : quel manque de calme, de compassion et surtout de contrôle ! Ils m’ont coupé le feeling, j’ai du mal à reprendre ma concentration. Je me sens vraiment décalée. C’est leur pays et je voudrais qu’ils soient juste là pour me servir, ou peut être même pas du tout là ? C’est eux qui ont aménagé la montagne et la rende vivable ; je me sens vraiment nulle surtout qu’ils n’étaient pas vraiment dangereux, juste cons ! Tatopani, gros village sur la piste qui arrive de la route (quelques jours de marche quand même)  Beaucoup de jardins dans la rocaille. Je m’arrête au premier Lodge qui a l'air sympa. J’ai bien faim. Je discute avec une anglaise qui connais Slim, elle est végétalienne et jeune. Résultat elle est si faible qu’elle ne peut plus marcher ! Moi je me sens gourmande après le dhal bhat peu fourni et je monte au village sous un orage qui s’amorce. Je m’enfile une part de gâteau et un pain qui ne sont pas bons. Les deux lodges se font face. C’est une ambiance un peu frelatée, avec vidéo, rakshi (alcool fort) Ca dégage business, putes etc. je erre un peu désemparée et ne me sens pas très vigilante ? Je pers mon imperméable, enfin ; je le laisse 5mn et on me l’emprunte…je rencontre un docteur français qui travaille ici, très sympa. Le majeur problème est l’éloignement de tout centre hospitalier et pour lui, habitué aux batteries d’examens complémentaires, il a du mal à travailler sans ! Je vais prendre un bain d’eau chaude, c’est super ! Tato pani veut dire eau chaude en népalais. La source est tout au bord de la rivière avec de gros rochers touts fous et des veines de couleur ! Que c’est le pied de relaxer dans une eau douce à la peau, et si chaude ! Après la pluie il fait frais. Bien relax je vais faire un peu de yoga et ensuite discute avec le docteur sur les coutumes locales. Je fais un massage à l’anglaise qui a un problème de genoux et du coup je me couche tard pour ici : 22 heures ! Ca c’est la faute au groupe électrogène ! Journée karmique : le matin je maudis les népalais et deux heures après je « perds » mon imper !  massif du daulagiri _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Sam 2 Déc - 20:19 | |
| 18/5 Je me réveille un peu naze. Je vais prendre un bain d’eau chaude, délicieux au petit jour. Puis une bonne méditation au bord de la rivière, après je fais quelques saluts au soleil (série de mouvements yoguique), ça faisait longtemps ! Difficile de trouver un terrain plat en montagne ! Je pars donc assez tard ; parfois entre deux montagnes vertes surgit un coin de glacier, un pic avec ses cheveux d’anges. Le canon se rétrécit de plus en plus. Après deux heures de marche j’arrive à une belle cascade qui dégringole d’un pan de montagne. Par des escaliers bien raides, je monte jusqu’à une plateforme juste au pied. Il y a un petit temple décoré de cornes de mouflons, vraiment chamanique le feeling ! A coté un abri où les nombreuses plumes témoignent des sacrifices passés. Il y a un vent frais convié par l’humidité de la chute d’eau, pour midi c’est parfais ! Je me baigne, lave mon linge.Et puis je fais un rituel, reprise mon falzar que j’avais accroché à des épineux. C’est un endroit magique, j’aime beaucoup. Je pars vers 1heure et demi parce que je commence à avoir un brin la dalle. Le chemin sans pitié monte comme un fou au flanc de la montagne et ensuite se glisse dans un défilé vraiment fantastique. Les falaises reflètent la symphonie de la rivière qui gronde en bas. J’aime ces endroits sauvage ou l’esprit des dieux ( ?) est partout ! On plane au dessus de la rivière, la rejoint, s’éloigne de nouveau, comme un ballet lent et harmonieux. En fait je ne suis pas du même coté que le treck principal, c’est pour cela que depuis ce matin je ne vois personne : le pied ! Puis le défilé s’élargit et on marche dans une vaste étendue de pierres balayées par les vents. Encore une petite grimpette et on arrive au niveau des sapins qui se balancent. Il y a des champs de blés entourés de murs de pierres sèches, des pommes de terre, et des pois, on doit être au moins à 2000. Le village de Ghasa est bien joli, ça y est on arrive en pays tibétain : les maisons ont déjà des toits plats. Les gens sont plus calmes, le visage est vraiment de race tibétaine, mais en fait ce sont des Thakali, ethnie sino-tibétaine de religion bouddhiste. (Ce ne sont pas des tibétains de souche ni des réfugiés) http://www.visitnepal.com/nepal_information/people.php Je vais me balader dans la forêt qui sent bon la résine. Il y a de petits chortens (stupa voir tintin au Tibet !) tout blanchis à la chaux. Le village est en trois parties, le dernier groupe de maisons débute par une arche tibétaine, comme la porte de la ville et qui souhaite la bienvenue aux voyageurs. Soirée tranquille avec deux français, je me gave de galettes de maïs ! ]   19/5 J’ai une jolie chambre avec un arbre à la fenêtre qui se balance dans l’air matinal. Le beau plancher bien plat m’invite à faire une séance complète de yoga. Je pars donc tard. Quitté le village, on arrive vite dans la forêt ; c’est un chemin qui longe la rivière sans vraiment monter trop dur. Quelle est belle la forêt ! Les conifères m’enchantent complètement, ils se balancent, tranquilles, tandis que derrière eux le massif du Daulagiri luit. Après une heure et demi de marche j’arrive en vue d’une rivière qui a l’air fort attrayante. Je n’y résiste pas bien qu’il soit encore tôt :10 heures. Après une petite sieste suivie d’une longue méditation (assez brumeuse) je me baigne dans ses eaux mousseuses et glacées. Sur le plateau qui domine le village de Lete j’aperçois des gompas (monastère tibétain), et un peu plus loin Kalo pani. Je mange un bon dhal bhat mais c’est 15 roupies, je me demande jusqu’à où les prix vont monter, mais bon, on n’a pas le choix ! Il est encore tôt, je reprends la route. Du même coté de la rivière alors que le chemin normal traverse, comme hier. Mais il fait frais de ce doté et la forêt est si belle ! Parfois de petits ruisseaux d’eau cristalline rejoignent la Kali Gandaki. C’est sauvage de ce coté. On monte un peu (mais raide) pour passer un éperon, on descend un peu. La rivière s’est élargie jusqu’à devenir plein de petits bras dans une vaste étendue de galets. Un orage menace, le vent souffle comme un fou. _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Dim 3 Déc - 20:52 | |
| J’arrive en vue d’une suite de petits villages qui me flashent bien. Il y a un monastère qui surplombe la rivière et des « niches » dans la falaise. Les villages sont super typiques et bien stylés. Je décide de rester pour la nuit, l’endroit me branche.  En fin d’après midi je vais faire un tour au temple tibétain, il est fermé. Mais après un petit moment à rêver devant sa porte une vieille nonne toute crasseuse vient ouvrir. Elle doit entretenir un peu. Le monastère est un peu délabré mais il dégage quand même super fort ! il y a des peintures murales de style naïf , j’en reconnaît quelques une : Vajrayogini, la guerrière de l’éveil, le bouddha primordial bleu en union avec sa parèdre blanche, Avalokiteshwara, l’expression de la compassion, Amithaba, le bouddha rouge du transfert de conscience, Manjushri, l’intellect aiguisé, Yamantaka son aspect courroucé..  Avalokiteshwara, le boddhisattva de l'éternelle compassion  Amithaba, bouddha de la lumière infinie  Manjushri et son épé: intellect tranchant la saisie de l'ego Après je vais escalader la falaise pour voir ces grottes. Rude ascension dans les fourrés d’épineux et escalade précaire jusqu’aux grottes. Elles sont abandonnées, ce sont d’anciens ermitages, certaines ont de petits chortens. C’est un endroit profond et calme. Je chante un peu. La rivière s’étale dans la lumière du soir. En dessous de moi, les feux s’allument et la fumée bleue monte avec ses odeurs de foyer, de famille. Je redescends avec précaution,  le Daulagiri se découvre et je reste clouée à contempler la face mouvante de ce géant. Un glacier encastré entre le pic principal et une arête, est tout bleuté ; derrière les cheveux d’ange illuminés par le soleil couchant ondulent doucement ; (les « cheveux d’ange : nom donné à la neige soufflée par le vent en altitude qui pare la montagne de semblant de cheveux). La montagne est littéralement au dessus du village, on se tord le cou à la regarder.  le Dhaulagiri 8127m s'élève de 7000m au-dessus de la vallée de la Kali gandaki! L'Annapurna lui fait face, ce sont donc deux sommets de plus de 8000m face à face avec le profond canon de la rivière entre les deux _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Lun 4 Déc - 19:37 | |
| 20/5 Ce matin je pars tôt. L’hôtel est assez moyenâgeux. Quand je sors dans la rue, le soleil tout d’un coup illumine la pointe du Dhaulagiri d’une lumière orange complètement fluo. Et au fur et à mesure que j’avance la montagne se revêt d’or. Quelle parade matinale ! Je passe les petits villages vus hier soir et très vite j’arrive à Tukuche. Un gros bourg, la rue principale est très typique et fait prospère. Derrière il y a pas mal de maisons abandonnées. C’est un peu le centre du pays Thakali qui avaient avant le monopole de la route du sel. Depuis l’aéroport de Jomoson, beaucoup de gens ont bougé. Je bois un vrai chaï népalais dans un shop dont le propriétaire me parle un hindi parfais. J’ai la pêche, je repars derechef. La vallée devient de plus en plus aride. C’est les derniers sapins frêles et nichés dans les ravins abrités du vent. Le vent…tous les jours à partir de 9 heures environ il se lève. Comme le Mistral chez nous il naît de la différence de température entre le nord (Tibet) et le sud, le Teraï tropical ; et d’altitude entre les deux massifs de l’Annapurna et du Dhaulagiri. Déjà, il commence à se faire sentir. Insistant, têtu, bourrasque après bourrasque. On marche dans le lit de la rivière et parfois il faut escalader un éperon quand elle passe le long de la paroi.   Des cavaliers me dépassent parfois, petits chevaux « Mustang », tapis de selle tibétain, dégaine de bandits de grand chemin ! Mais sympa et rigolards ! Pas de lézard ! J’arrive à Marpha assez vite. C’est un long village étroit. Il est assez chouette avec la falaise qui le domine, des chortens, des grottes ici aussi. Les maisons sont conçues pour le vent : des murs assez élevés protègent une cour intérieure avec les étables pour le bétail et la maison principale donnant sur une véranda à arcades.  Je m’arrête chez une femme sympa qui me fais un bon thé tibétain. Une baratte comme un long cylindre décoré, on y verse du beurre de yak, du sel et du thé bouillant, il s’agit de thé vert chinois. Après elle baratte à l’aide d’un bâton et verse la mixture fumante dans un gros mug. Ça fait du bien ! J’achète des pommes de l’automne dernier, un peu fripées mais super douces. Le premier fruit depuis le départ ! 18rs le kilo ! J’achète aussi des chaussettes tibétaines tricotées à la main parce que les miennes ne sont qu’un trou. Grosse dépense donc ! Je reprends le chemin, assez speed aujourd’hui ! Je trace jusqu’à Jomoson qui ne casse pas des barres. Un aéroport précaire qui est fermé un jour sur deux à cause du temps et de toute façon ne fonctionne que le tiers de l’année. Mais ça a amené l’électricité, des baraquements militaires et le corollaire : bars, putes… Des magasins où les denrées sont hors de prix ! On sent l’influence de la civilisation dans ce qu’elle a de plus pervers, les gens ne vivent pas mieux ici que dans les autres villages qu’ils doivent mépriser ! Je mange un dhal bhat assez faible : de l’eau, du dhal (lentilles) et des saag (type d’épinards) j’en redemande comme il est coutume au Népal, on paye une fois et on peut être resservi jusqu’à trois fois, normalement ! La didi a l’air effarée de mon appétit !Mais que faire j’ai faim ! J’ai des parasites et ils me bouffent bien ! j’achète du muesli pour assurer la suite. Après le check post, je reprends le corridor des vents ; là il est vraiment terrible, j’ai beau être lestée par le repas, je suis balayée et manque de tomber plusieurs fois.   C’est maintenant tout à fait le désert. Vraiment très impressionnant. Les montagnes sont dans des tons ocre, rouge, jaune, brun. Le ciel est hyper bleu, les montagnes Nilgiri au fond, plus pures qu’une pierre précieuse. Elles sont peut être à cent kilomètres mais avec l’air raréfié on croirait les toucher, c’est déjà le plateau tibétain, du moins ça en donne l’impression. Comme végétation ce sont des cyprès nains, c’est tout ce qu’il reste ! Jomoson est à 2 900m. Et le vent balaye rageusement l’horizon.  Les Nilgiri vues de la vallée de la Kali Gandaki On passe un beau village sur un éperon et bientôt dans le fond on aperçoit des champs. Du vert dans ce désert minéral : la vie ! On voit de loin une gompa rouge. Le village est niché dans ses champs et domine la vallée du mustang, d’accès interdit. Vraiment moyenâgeux comme bled. Avec ses ruelles tordues et ses maisons en bouse et argiles, rouge avec un trait blanc à la chaux, l’unique fontaine et la présence des animaux partout : les yacks, enfin ! Il y a une grande gompa qui a l’air d’une forteresse ; c’est très sale, on voit qu’on est arrivé en pays tibétain. Les gamins ont des couches de crasse pas possible, et la robe des femmes est luisante de graisse ; j’ai l’impression que le teck ne passe pas vraiment par là : les gens ont l’air un peu hébété ne parent ni nepalî ni hindi ni bien sûr anglais. On se comprend quand même et une roupie est une roupie !   un yak, ça fait tout mimi comme ça, mais faut pas les énerver!  aparemment, il y a l'électricité maintenant à kagbeni! (image chopée sur le web!) _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Mar 5 Déc - 16:45 | |
| 21/5 Aujourd’hui, je reste ici ; j’ai envie de pratiquer ce matin, ce que je fais. Et après quelques chapatis (pain népalais) suivis de quelques topsey (beignets tibétains), je pars dans la direction du Mustang. L’accès en est interdit, je vais bien voir ! D’abord un chorten qui domine le village puis le chemin se déroule à flanc de coteau. Il n’y a pas encore de vent. La montagne a des couleurs pas possibles, et quel silence ! Le sentier monte et descend sans arrêt, parfois des glissements de terrain l’ont coupé. Il y a toujours un éperon, un petit col qui engage à aller plus loin voir derrière. Déjà je sens la solitude peser, la nature est hostile, les pierres sont les maîtres du lieu ; après deux heures de marches je commence à me demander où ça va me mener ! Et soudain, au loin, je distingue du vert : de la vie, un village !  Il est de l’autre coté d’un canon abrupt, perché sur un éperon qui domine la vallée. Vraiment magnifique comme arrivée. Mais c’est encore plus pouilleux que Kagbeni. C’est le moyen âge miséreux, les gens me regardent comme une martienne, viennent toucher mes cheveux (je suis châtain clair) Ici c’est une zone interdite, ils ne doivent pas avoir vu beaucoup de blancs ! et la piste continue, toujours plus loin, vers mustang, la capitale, à cinq jours d’ici, et puis ensuite vers le Tibet, seules frontière plus ou moins ouverte pour les locaux. Rude pays. Je cherche à manger mais il n’y a rien, et je n’ose pas mendier à ces gens si démunis ! Le vent s’est déjà levé et ravage le canon ; un « officiel » en uniforme miteux débarque et me fait par signe comprendre de rebrousser chemin. Je n’insiste pas ! Impossible de passer inaperçue, il n'y a que la vallée de la rivière et on me voit à des kilomètres !  Je décide de rentrer, justement par le lit de la Kali Gandaki, comme ça je n’aurai pas trop à monter et à descendre ! Mais en fait c’est aussi pénible, j’ai le vent furieux de face avec du sable qui pique. Il faut souvent traverser un bras de rivière, elle n’est pas trop profonde ici. Parfois un cavalier se pointe à l’horizon et me montre où est la piste, avec les gués ; c’est complètement fou comme paysage, le ravin ocre et les Nilgiris derrière.  J’arrive sans pompes, elles m’ont lâchées ! Et je suis bien naze à cause du vent. Je m’enfile un repas qui ne me remplis qu’à moitié, juste du riz et des patates et de l’eau de dhal ; ça manque sacrément de protéines ! Un peu de muesli est bienvenu !  _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Mer 6 Déc - 16:25 | |
| 22/5 Je pars de nouveau aux premières lueurs du jour, le soleil caresse les Nilgiri. La première heure est un peut dure, mais c’est tellement beau le petit matin dans la montagne ! Un petit chaï au premier village rencontré est bienvenu. Les champs luisent dans l’air si pur, les couleurs sont trop belles. Le village suivant : Jarkhot, est fabuleux. C’est une citadelle fortifiée avec un feeling carrément médiéval. J’arrive tôt, et après un petit dèj je par explorer le bled. Il est propre et bien conçu. Les fenêtres sont sculptées, les maisons sont hautes et blanche. Au dessus des portes il y a des espèces de porte bonheur anti black magique avec une corne de chèvre et des figurines un peu spéciale. Parfois c’est un kala (démon grimaçant symbolisant la roue du temps) qui garde la maisonnée. Il ressemble beaucoup à celui de Bali, comme c’est étrange ! (Et s’appelle pareil !)  Des passages étroits entre les maisons se faufilent dans les entrailles de ce village organique. De chaque coté d’une porte qui donne sur une ruelle il y a deux statues archaïques, papa à gauche avec un énorme sexe en bois, et maman à droite qui s’écarte les lèvres du vagin. Le petit mec qui me voit le regarder m’indique très sérieux APA AMA (père et mère en tibétain). Je vais méditer une heure dans la cour du monastère qui est fermé, mais j’ai escaladé le mur au grand désarroi du dit petit mec, qui, cependant, quand il me voit en posture, me laisse tranquille. Je reste toute la matinée dans ce village qui est bien sympa. Je discute avec un autrichien qui descend de Manang, de l’autre coté du fameux col le Thorong La. Belle rencontre, ça me donne des idées…. Et je repars après un dhal bhat.  Muktinath village n’est pas grand-chose, quelques hôtels pour trekkeurs et abris pour pèlerins. Je descends dans une lodge où le petit mec est super mignon. Je monte sur la terrasse et je fais des prosternations en direction du temple de Muktinath. Je me sens super sensible, c’est quand même un endroit très fort ici ! Puis je descends dans ma chambre et je fais une session de yoga et de respirations (pranayamas). Je n’ai pas le feeling d’aller au temple aujourd’hui, je dois apprivoiser le lieu. Je prie pour avoir l’énergie de faire une pratique sincère et suivie, et pour arrêter les mauvaises habitudes qui m’en éloigne. Je discute un peu avec le petit mec qui est tout ému de m’avoir vu faire des prosternations ! J’essaye de lui expliquer que je respecte Shiva comme Bouddha, c’est bien l’esprit du lieu où hindouisme et bouddhisme se mèlent avec un fond d’animisme ancestral… _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Mer 6 Déc - 20:50 | |
| j'ai trouvé uen carte du coin, avec les altitudes et tout!  _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | Crocell Modérateur


 Nombre de messages: 169 Age: 27 Points: 0 Date d'inscription: 03/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Jeu 7 Déc - 10:07 | |
| wha! y'a de la lecture là :) |
|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Jeu 7 Déc - 15:50 | |
| bah! mate juste les tofs et les gribouillis! _________________ sincere but not SERIOUS
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|  | | boudhinette Membre


 Nombre de messages: 176 Age: 49 Points: 0 Date d'inscription: 05/12/2005
 | Sujet: Re: himalayan pilgrimage Jeu 7 Déc - 16:04 | |
| 23/5 Ce matin il fait très beau. Hier soir il y a eu un sale orage mais sans pluie. La lumière du soleil couchant était vraiment incroyable. Il y a pleins de villages disséminés entre les champs. Le matin avec tous les feux qui s’allument et le vert tendre des cultures c’est complètement féerique. Après une médit, je pars au temple hindou. Il est un peu plus haut que les maisons. D’abord une cour carrée avec 108 fontaines je prends un peu d’eau de chaque en disant le mantra de Shiva OM NAMAH SHIVAYA.  la bouche des fontaines est un dragon, ici paré de glace!  Puis je rentre, temple hindou, pagode népalaise. C’est vishnouiste mais pas vraiment 100% dehors il y a un énorme trident (symbole de Shiva) et il n’y a pas la conche de Vishnou. Les idoles ressemblent étrangement à des statues bouddhistes ! Et pour cause, alors que les hindous y honorent Vishnou, les bouddhistes y voient Chenrezig, boddhisattva de la compassion !   Puis je vais au temple bouddhiste. C’est une petite fille qui fait la pooja. (Cérémonie d’offrande) un peu va vite mais chouette quand même. La gompa est chaude en rentrant. Sous la statue de bouddha il y a un rideau et quand on le soulève il y a un feu naturel. En fait c’est une émanation de gaz enflammé ! Et un bruit d’eau qui coule ! c’est bizarre ! http://www.muktinath.org/album/muktinath_site/36_muktinath_firegompa_2006.htmIl y a Manjushri à gauche : l’intelligence et à droite Vajrapani : la force ! C’est très fort, j’ai les larmes qui me montent aux yeux. L’altitude doit y faire quelque chose : on est à 3750m ! Je repars toute contente ; a l’entrée il y a un vieux temple bouddhiste tout en ruine qui est vraiment hallucinant. Un paravent tout sculpté sépare la salle des idoles avec l’entrée qui est entièrement peinte de symboles tibétains. Les statues à moitié effondrées surgissent d’amas de terre ; le toit s’est affaissé et les intempéries ont effacé les couleurs. Bouddha regarde au loin d’un air bienveillant   Ce qui est fou, ce sont ces gros arbres à 3750m d'altitude, alors que partout ailleurs, c'est le désert! Après ce moment magique je retourne à l’hôtel et fait une bonne pratique sur le toit, suivie d’une toilette extrêmement succincte : ça caille, l’eau est glacée Après le petit dèj : chapati et oeuf dur, je décide de manger cet œuf pour avoir un kick de protéine mais en fait il ne passe pas très bien ! Je m’apprête à partir me balader quand je rencontre marc et isabelle. Ce sont deux français de Martinique qui me convainquent de passer le col avec eux. Je n’ai pas de permis de trekking pour au-delà de Jomosom mais je m’en tape, par contre je n’aurais pas tenté le col (5 400m) toute seule et en mauvaises tennis ! _________________ sincere but not SERIOUS
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